


Ensar Oud
EO2 Tonkin
L'Histoire
EO2 repose sur le musc du Tonkin, plus lumineux et plus net que les qualités mongole ou tibétaine, face au santal de Mysore et à l'oud. Il a la structure d'un parfum moderne et porte le poids d'une matière animale brute.


Épicé
Un étal d'épices en plein air
Poivre noir, cardamome et baie de piment de la Jamaïque : une épice sèche plutôt que sucrée, dont la chaleur saisit le haut du nez avant même que vous ayez fini d'inspirer. Elle ne se fait jamais discrète sous une autre note. L'épice fait monter la température de tout ce qu'on place à ses côtés.


Boisé
grain sec du bois fraîchement coupé
L'odeur des copeaux de cèdre, du santal et des racines sèches de vétiver, une chaleur poncée et résineuse au léger râpé de plumier. Ancré et posé, c'est l'épine dorsale tranquille qui rend un parfum sérieux et durable.


Animal
Peau, fourrure et quelque chose d'encore un peu sauvage
Une note musquée brute, à la température du corps, qui évoque la peau, les cheveux et la fourrure, tantôt douce et poudrée, tantôt vive et vaguement sauvage. Au mieux, on ne sait plus où s'arrête le parfum et où commence la personne qui le porte. Au plus fort, c'est elle qui fait reculer certains.


Musc
peau tiède, douce et enveloppante
Une chaleur douce et charnelle qui sent le propre et un peu la poudre, comme des bras nus chauffés au soleil ou du linge à peine séché. Elle vibre bas et au plus près, arrondit les notes plus vives et laisse un sillage discret et intime, presque comme votre propre peau amplifiée.
Poivre du Sichuan
Épice citronnée et lumineuse, avec une pointe qui picote
Ce que c'est
Ce n'est pas du tout un grain de poivre. Les enveloppes rougeâtres proviennent d'un arbre de la famille des agrumes, plus proche parent du citron que du poivre noir, et seule l'enveloppe est utilisée, distillée ou extraite au CO2.
Son odeur
Un zeste de pamplemousse sur une épice chaude et rosée, pétillante plutôt que brûlante. En dessous se glisse une ombre métallique, légèrement vétiver. En cuisine, l'enveloppe vous fait vibrer la langue ; en parfumerie, c'est le zeste qui passe, pas l'engourdissement.
En parfumerie
Les parfumeurs l'emploient en tête pour son pétillement et son élan, un éclat poivré moderne qui a ouvert un grand nombre de parfums unisexes contemporains. Il s'accorde bien avec les agrumes, la rose, le vétiver et l'encens.
Bon à savoir
Ce picotement n'est ni une saveur ni une chaleur. La molécule qui en est responsable excite les fibres nerveuses du toucher léger de votre peau à raison d'environ cinquante fois par seconde, si bien que le cerveau perçoit une véritable vibration.
Poivre rose
Baies rosées lumineuses avec un pétillement épicé
Ce que c'est
Ce n'est pas du poivre. Ces baies couleur de rose viennent d'un arbre d'Amérique du Sud sans aucun lien botanique avec la liane du poivrier ; séchées, elles sont ensuite distillées à la vapeur ou extraites au CO2.
Son odeur
Plus rosé et plus fruité que le poivre noir, avec à peine un picotement de chaleur. Des baies écrasées, une résine aux accents de genièvre, une pointe d'agrumes. Il jaillit à l'ouverture et disparaît vite, laissant derrière lui une douce chaleur épicée.
En parfumerie
Les parfumeurs y recourent quand une composition demande de l'épice sans chaleur. Il pose un pétillement rosé sur les floraux, rafraîchit les bois et les ambres, et s'accorde bien avec la bergamote et le patchouli. Ce pétillement est une signature du floral fruité moderne.
Bon à savoir
Sa véritable famille est celle de la noix de cajou, assez proche pour que les personnes qui réagissent au cajou ou à la mangue réagissent parfois aussi à ces baies. Bon à savoir avant de les utiliser en cuisine.


Cèdre
Crayons secs fraîchement taillés et bois chauffé au soleil
Ce que c'est
L'essentiel du cèdre de la parfumerie n'est pas du cèdre. C'est du genévrier, issu des arbres de Virginie et du Texas, distillé à la vapeur à partir de copeaux et de sciures de scierie. Le véritable cèdre de l'Atlas existe et s'emploie, mais il reste la source minoritaire.
Son odeur
Des crayons fraîchement taillés, puis l'intérieur d'une armoire doublée de cèdre. Le cèdre de l'Atlas penche vers le chaud, le fumé et le balsamique ; celui de Virginie paraît plus vif et plus net. Dans les deux cas, il se pose en une douce chaleur de sciure et y reste des heures.
En parfumerie
Un pilier. Il donne leur colonne vertébrale aux compositions boisées et retient en place les matières plus légères, à l'aise aux côtés du vétiver, de la rose, des agrumes et de l'ambre. Son cœur boisé aux accents de prune traverse la plupart des boisés unisexes modernes.
Bon à savoir
Les embaumeurs égyptiens versaient l'huile de cèdre dans le corps au lieu de la brûler, et le bois de cèdre tapissait les tombeaux et les cercueils censés leur survivre. Les vrais cèdres et les genévriers doivent leur nom commun à l'odeur, non à la parenté.
Coriandre
L'épice qui ne sent pas du tout la feuille de coriandre
Ce que c'est
Une même plante, deux odeurs. En séchant, la graine mûre devient chaude et boisée ; la feuille fraîche, vendue en botte comme herbe aromatique, est tout autre chose et n'entre presque jamais dans un parfum. Seule la graine concassée passe à l'alambic.
Son odeur
Chaude et douce en tête, relevée d'une pointe poivrée et d'un filet d'agrumes. Puis elle s'arrondit : lavande, bois de rose, une légère chaleur de pain d'épices, plus proche d'une fougère que du rayon des épices.
En parfumerie
Les parfumeurs la glissent entre la tête et le cœur pour sa fraîcheur, son côté épicé et sa rondeur qui rappelle la lavande, aux côtés de la bergamote, de la lavande, du géranium et des fonds ambrés. C'est un cœur classique des hespéridés aromatiques d'autrefois, omniprésent dans les fougères.
Bon à savoir
Des archéologues ont retrouvé des graines de coriandre scellées dans la tombe de Toutânkhamon : c'est l'une des plus anciennes épices que l'on ait pris la peine de cultiver. Son huile est surtout composée de linalol, ce qui donne aux parfumeurs une source de cette odeur plus ronde et plus douce que la molécule isolée.
Cumin
L'épice qui sent l'humain
Ce que c'est
Cuisinez-le et c'est une épice de cuisine. Distillez-le et il se rapproche d'un corps. Les graines en forme de croissant renferment du cuminaldéhyde, un seul composé qui fait les deux métiers : celui de la cuisine et celui de la chair.
Son odeur
Chaud, poussiéreux et vert en tête, puis indéniablement peau. Une trace se lit comme la chaleur d'une clavicule. Un peu plus, et c'est une chemise portée deux jours de suite. Dessous se cache quelque chose de noiseté et étrangement réconfortant.
En parfumerie
Les parfumeurs le limitent à des fractions de pour cent, au cœur, où il glisse un pouls charnel sous la rose, le cuir, le labdanum et la fleur d'oranger. Il réchauffe plusieurs classiques orientaux. Une goutte de trop suffit à faire basculer toute la formule.
Bon à savoir
Le cuminaldéhyde est si proche d'un composé de la sueur humaine que personne n'y reste indifférent : la même peau, la même dose, et l'un y lira l'intimité tandis que l'autre y lira le linge sale.


Thé noir
Feuilles sèches, tanin et un soupçon de fumée
Ce que c'est
Des feuilles flétries, roulées, puis laissées s'oxyder entièrement : c'est ce qui les noircit et fait passer leur odeur de l'herbe au sombre. La Chine procède ainsi depuis des siècles. Une véritable absolue de thé est rare, la parfumerie la reconstitue donc.
Son odeur
Sec et astringent, comme la troisième tasse servie d'une même théière. Le foin et le cuir usé se tiennent dessous, avec une douceur de rose et de jasmin contenue par la poudre. Net et aérien au départ, il se fait ensuite discret, fumé et boisé.
En parfumerie
Une note de cœur qui fait office de frein : son tanin coupe la douceur et empêche un floral de virer au sirupeux. Les agrumes l'élèvent, les bois la portent, et la plupart des parfums au thé modernes sont une variation de cet équilibre.
Bon à savoir
Deux molécules font l'essentiel du travail. Le théaspirane pose un éclat de cassis sur une arête verte et fraîche ; la tabanone apporte le tabac et une nuance qui rappelle le gland. Autour d'eux, les ionones et le bois de gaïac apportent la poudre et le bois.
Immortelle
Foin brûlé de soleil aux accents d'érable et de curry
Ce que c'est
Les jardiniers appellent cet arbuste méditerranéen argenté l'herbe à curry, et une seule feuille froissée suffit à expliquer ce surnom. Ses petits capitules jaunes sont distillés à la vapeur pour donner une huile, ou extraits au solvant pour obtenir une absolue.
Son odeur
Camomille séchée et paille chaude, puis un tranchant de feuille de curry auquel vous ne vous attendez pas. La douceur suit : sirop d'érable brûlé, caramel, un souffle de tabac. Elle s'achève miellée et épicée de fenugrec, avec quelque chose de vaguement médicinal en dessous.
En parfumerie
Elle se place au cœur et en fond, où sa chaleur de tabac et de liqueur s'accorde sans peine avec les bois, le cuir et l'ambre. Les parfumeurs l'opposent à la lavande lorsqu'ils veulent que sa douceur se lise comme un contraste plutôt que comme un dessert.
Bon à savoir
Le nom est à prendre au pied de la lettre : coupées et séchées, les fleurs gardent leur forme et leur couleur pendant des années, ce qui leur a valu une place dans les couronnes funéraires de l'Antiquité. Les rendements sont infimes dans un cas comme dans l'autre, si bien que l'immortelle compte parmi les naturels les plus coûteux.

Otto de rose de Géorgie
La rose de Damas du Caucase, lumineuse et limpide comme le miel
Ce que c'est
Rose de Damas cultivée dans les vallées du Caucase, distillée plutôt qu'extraite aux solvants, et toute la différence est là. L'otto garde la tête cristalline de la fleur ; l'absolu, sa profondeur sombre et confite. Celui de Géorgie se révèle d'une limpidité peu commune.
Son odeur
Lumineux, chaud, éclairé de l'intérieur : une rose de Damas limpide et miellée, posée sur une poudre musquée, avec en tête un élan vert, presque géranium. Dans le fond, c'est l'arbuste entier que l'on sent, feuilles et tiges comprises.
En parfumerie
Les parfumeurs s'en servent pour faire entrer la lumière du jour dans un assemblage sombre : face à l'oud ou au musc, il allège au lieu d'épaissir. À quelques gouttes, il paraît propre et floral ; à dose plus généreuse, il devient velouté et poudré sans se troubler.
Bon à savoir
Un véritable otto se fige dans une pièce fraîche, vers 20 °C, et fond de nouveau dans votre main : c'est l'une des façons de vérifier qu'il n'a pas été coupé. Il faut des centaines de livres de fleurs pour une seule once.


Cassis
Cassis acidulé au grondement sauvage et animal
Ce que c'est
La parfumerie ignore surtout la baie. La matière qui compte est l'absolu de bourgeons de cassis, extrait des bourgeons foliaires collants et résineux de l'arbuste, généralement soutenu par des molécules soufrées qui portent la pointe acidulée du fruit.
Son odeur
Fortement fruité et acidulé, l'absolu de bourgeons présente une piquance verte, feuillue, presque animale avec une morsure suée et soufrée sous la douceur de la baie. L'effet est sauvage et inimitable : cassis mûr frangé de sève verte et d'un grondement légèrement animal.
En parfumerie
Une note de tête délivrant un fruit acidulé et un réalisme vert vivifiant qui soulève une composition. Elle aiguise la rose et apporte du mordant aux accords fruités-floraux et chyprés. Le cassis est une ouverture classique du chypre et un coup de fouet récurrent dans les parfums fruités modernes.
Bon à savoir
La facette animale et soufrée provient de thiols traces si puissants qu'ils se détectent au niveau des parties par trillion, la même famille de molécules que le marquage olfactif du chat et certains vins de Sauvignon Blanc. Une seule goutte d'absolu de bourgeons de cassis suffit amplement.


Civette
Chaleur animale qui fait s'épanouir les fleurs avec indécence
Ce que c'est
Une pâte que l'on racle dans une poche située sous la queue de la civette d'Afrique, un animal nocturne à l'allure de chat, avant de la mettre en teinture dans l'alcool. Presque toute la civette employée aujourd'hui en parfumerie est de la civetone, fabriquée en laboratoire.
Son odeur
Non diluée, elle choque : fécale, indolique, plus proche de l'étable souillée que du parfum. À l'état de traces, elle devient miellée et cuirée, chaude comme la peau, avec un sourd bourdonnement de tabac. Le passage du repoussant au séduisant tient entièrement à la dilution.
En parfumerie
Les parfumeurs l'emploient à l'état de traces, en fond et comme fixateur, pour que le jasmin et la rose semblent éclore sur un corps vivant plutôt que dormir dans un flacon. Les chypres et les orientaux animaux s'en nourrissent.
Bon à savoir
En Éthiopie, on encage et on racle encore des animaux pour l'obtenir, à petite échelle, des décennies après que le laboratoire a rendu cette pratique inutile. Et il ne s'agit pas de la civette palmiste à l'origine du café kopi luwak : même famille, animal différent.
Jasmin sambac
Jasmin aux nuances de thé vert, qui s'ouvre à la nuit tombée
Ce que c'est
Les fleurs s'ouvrent à la nuit tombée, moment où leur parfum est le plus fort : les cueilleurs les prélèvent donc en boutons tôt le matin, avant qu'elles ne s'épanouissent. L'extraction au solvant fournit une concrète cireuse ; lavée à l'alcool, celle-ci devient l'absolu.
Son odeur
Plus vert et plus proche du thé que le jasmin grandiflorum, et bien moins fruité. Il s'ouvre net et un peu cireux, presque teinté de banane, puis se réchauffe en une douceur indolique. Cet indole, c'est sa part animale : entêtant de près, pourtant toujours lumineux.
En parfumerie
Une note de cœur qui donne aux bouquets de fleurs blanches leur corps et leur élan. Elle s'accorde avec la rose, la tubéreuse, le bois de santal et le thé vert, arrondit les agrumes trop vifs, et certains soliflores de fleurs nocturnes ne reposent presque que sur elle.
Bon à savoir
C'est la sampaguita, fleur nationale des Philippines, enfilée en guirlandes et utilisée pour parfumer le thé chinois. De minuscules fleurs cueillies à la main chaque matin, au fil d'une longue saison, placent l'absolu parmi les floraux les plus coûteux.

Musc du Tonkin
Une chaleur animale et miellée qui tient des jours
Ce que c'est
Tous les autres muscs naturels se mesurent à celui-ci. Le Tonkin tire son nom des montagnes du nord du Vietnam, et ce qui circule aujourd'hui est une matière ancienne, conservée depuis des décennies et presque impossible à authentifier pour qui n'est pas du métier.
Son odeur
Velouté et à sang chaud, enveloppé de quelque chose de miellé et de cireux qui tend vers le chocolat, avec un fini poudré comme le suède. Il a du mordant, indéniablement animal, mais suave plutôt qu'âcre. Une seule goutte se perçoit pendant des jours.
En parfumerie
Dosé en infimes fractions, il agit comme fixateur : il soude des notes sans rapport en un seul accord lumineux et étire une composition sur plusieurs jours. Employé avec justesse, il ne se sent jamais comme du musc : on ne perçoit qu'un parfum qui refuse de s'effacer.
Bon à savoir
Le musc blanc de la plupart des listes d'ingrédients est une molécule de laboratoire, propre et monocorde par conception. Parmi les vrais, le Tonkin est le plus doux et le plus accommodant avec les floraux, quand le mongol se montre plus calme et plus tranchant, et celui du Cachemire plus sec.


Cire d'abeille
Cire dorée et miellée, la chaleur de la ruche
Ce que c'est
Les abeilles ouvrières sécrètent la cire pour bâtir les rayons, et le rayon garde la mémoire de tout ce qui s'y passe. Extraite au solvant, cette cire devient une absolue d'un or sombre qui porte encore le miel, le pollen et la propolis.
Son odeur
Le miel d'abord, puis l'odeur d'une bougie qu'on vient de souffler. En dessous, du foin, un peu de tabac et quelque chose de légèrement animal venu de la propolis. Dorée, cireuse, ronde, et plus chaude que ne le laissent entendre tous ces mots.
En parfumerie
Du cœur au fond, où elle arrondit un floral et donne à un ambré une épaisseur presque tactile. La fleur d'oranger, l'immortelle, le tabac et le labdanum sont ses voisins habituels. Les maisons de niche la laissent souvent brute, pour que la ruche transparaisse.
Bon à savoir
Les abeilles consomment environ huit kilos de miel pour produire un kilo de cire, et cent kilos de cette cire ne donnent qu'un seul kilo d'absolue. Seule une infime part finit un jour en flacon.


Santal
Bois crémeux, arraché jusqu'aux racines
Ce que c'est
L'huile la plus riche se trouve dans les racines : l'arbre entier est donc arraché, et non abattu, puis distillé à la vapeur. Mysore, dans le sud de l'Inde, en était la source classique, jusqu'à ce que des décennies de coupes excessives mènent les arbres sauvages au bord de la disparition.
Son odeur
Du lait et du bois chaud, avec une pointe rosée, presque beurrée, et rien de tranchant. Ce qui surprend, c'est à quel point il évolue peu : ni ouverture éclatante, ni coup de théâtre dans le fond, seulement la même lueur paisible pendant des heures.
En parfumerie
Il agit sur deux plans : comme odeur, et comme fixateur qui maintient la rose ou le jasmin en place. Le santal se classe aussi par qualités, et le bois de cœur ancien le plus sombre, le plus dense et le plus chargé en résine porte un nom à part : « viande rouge ».
Bon à savoir
Un bois de cœur digne d'être récolté met une trentaine d'années à se former. Des plantations de la même espèce en Australie-Occidentale fournissent aujourd'hui l'essentiel de l'huile mondiale, proche de la chimie de l'ancien Mysore, sans tout à fait en avoir le crémeux.

Castoréum
Peau de castor fumée, avec une pointe d'aspirine
Ce que c'est
Un marquage de territoire, en somme. La sécrétion des poches à castoréum du castor, que les trappeurs font sécher avant d'en tirer une teinture ou une absolue, même si ce que vous sentez aujourd'hui dans presque tous les flacons en est la version synthétique.
Son odeur
Un cuir sombre et goudronneux à la pointe médicinale, comme une fumée de bouleau montant d'un manteau mouillé. En dessous, de la douceur : fruits secs, foin, une touche de vanille. Diluez-le suffisamment et le grondement se mue en un suède chaud.
En parfumerie
Il ancre le fond et soutient tout ce qui se trouve au-dessus : la peau d'un parfum cuir, la fumée d'un cuir de Russie, la longue traîne d'un vieil oriental. Il a pour compagnons le goudron de bouleau, le labdanum, la mousse de chêne et le tabac.
Bon à savoir
Les castors se nourrissent d'écorce de saule et de peuplier, riche en salicine, le composé à l'origine de l'aspirine, et cela se sent : un fil frais, presque médicinal, sous tout ce cuir. Il sert aussi depuis longtemps d'arôme alimentaire.

Bois d'agar sauvage de Kepi
Bois d'agar papou, du pays des rivières autour de Kepi
Ce que c'est
Bois d'agar récolté autour de Kepi, la ville-rivière au cœur du pays Mappi, dans le sud de la Papouasie indonésienne, puis distillé en petits lots artisanaux. Le bois d'agar de Papouasie relève surtout des Gyrinops et d'Aquilaria filaria, plutôt que de l'Aquilaria malaccensis du sous-continent, et la région n'est travaillée pour l'oud que depuis la fin du XXe siècle.
Son odeur
Vert et indompté, il s'ouvre sur la terre mouillée et le sous-bois avant qu'une âcreté herbacée fermentée ne perce, avec du champignon, du café noir et, au-dessus, une arête vaporeuse presque métallique. Moins sucré que l'oud cambodgien et moins fécal que le hindi, mais plus sauvage que l'un et l'autre, et il reste agité sur la peau pendant des heures.
En parfumerie
Une matière de connaisseur, distillée en très petites quantités, plutôt qu'un ingrédient commercial. Sa sauvagerie verte et acidulée est précisément le propos : on l'emploie là où une composition doit donner la sensation d'un lieu plutôt que d'un parfum, et il lui faut très peu de place pour en dominer une.
Bon à savoir
L'oud de Papouasie provient d'un approvisionnement jeune et étroitement encadré, et les rendements ne dépassent souvent pas une fraction de pour cent : le distillat authentique est donc rare et coûteux. Le bois résineux de Papouasie se forme lentement et de façon irrégulière, si bien qu'un distillateur peut travailler la récolte de toute une saison et ne remplir que quelques flacons. Ce qui se vend comme oud de Papouasie à un prix de grande distribution est un accord, non l'huile.
Caractère Olfactif
Les premières minutes crépitent d'épices, la coriandre et les deux poivres tranchant à travers le cèdre, avant que le cœur ne s'adoucisse en otto de rose de Géorgie, jasmin sambac et thé noir. La civette et le castoréum affleurent peu à peu au fil du cœur, entraînant les floraux vers quelque chose d'humide, de chaud et de vaguement fauve. Dans le fond, le musc du Tonkin et la cire d'abeille scellent le tout en une résine dense, au plus près de la peau, qui persiste des heures sans s'imposer.
À Porter
Idéal pour les journées fraîches qui raccourcissent, en automne comme au cœur de l'hiver, porté le soir par quelqu'un à l'aise avec un parfum résolument animal.
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L’Atmosphère
Le Nez
Composé en interne.
La Maison
Du pur oud artisanal, la vraie matière résineuse, versée du flacon d'origine dans votre fiole.
Ensar Oud traite le bois d'agar comme un vigneron traite un seul coteau de vieilles vignes. Ce sont des extraits denses, lents, profondément sérieux, bâtis autour d'ouds vieillis, d'ambre gris et de muscs animaux dont la plupart des gens n'ont fait que lire l'existence. Une goutte s'épanouit pendant des heures et passe de la fumée à la résine, puis à quelque chose de chaud et de très proche de la peau.
- Origine
- New York, États-Unis
- Fondée
- en 2004, sous le nom d'Oriscent
- Réputée pour
- L'oud de qualité Sultani, le musc véritable


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