


Amouage
Reflection 45
L'Histoire
Le chiffre indique la concentration : Reflection 45 contient 45 % de parfum pur, contre 15 à 20 % environ pour une eau de parfum classique. Il fait partie des Exceptional Extraits, pour lesquels Amouage a fait de nouveau appel au parfumeur d'origine de chaque classique et a laissé mûrir le résultat pendant des mois dans sa manufacture d'Oman, ce qui donne à ce floral aromatique sa densité inhabituelle.


Aromatique
Herbes froissées dans l'air frais
La fraîcheur verte et camphrée de la lavande, du romarin, de la sauge et du thym, comme des herbes meurtries entre les doigts. Propre, vivifiante et un brin austère, elle est l'épine dorsale nette d'une fraîcheur classique de barbier.


Boisé
grain sec du bois fraîchement coupé
L'odeur des copeaux de cèdre, du santal et des racines sèches de vétiver, une chaleur poncée et résineuse au léger râpé de plumier. Ancré et posé, c'est l'épine dorsale tranquille qui rend un parfum sérieux et durable.

Ambre
Résine chauffée jusqu'à devenir sucrée
Labdanum, benjoin et vanille fondus ensemble en une matière sucrée mais sombre, comme une sève d'arbre amollie au soleil, traversée d'un fil de fumée d'encens. L'ambre ne scintille pas et n'élève pas la voix. Il reste près de la peau et diffuse sa chaleur pendant des heures.
Épicé chaud
Braises rougeoyantes du tiroir à épices
La chaleur ronde de la cannelle, du clou de girofle et de la muscade, sèche et légèrement résineuse, plus placard de pâtissier que cuisine aux arêtes vives. Elle diffuse une chaleur enveloppante qui fait monter le rouge aux joues, intime, faite pour les jours frais, et qui étreint la peau de l'intérieur.


Poudré
Murmure feutré d'une peau apprêtée
Une douceur veloutée et un peu sèche de racine d'iris, de violette et de talc fin, comme une poudre de riz ou du linge propre réchauffé par la peau. Intime, raffinée et nostalgique, elle fond un parfum en une brume douce et capitonnée.

Fleurs blanches
Ces fleurs qu'on sent de l'autre bout du jardin
Le jasmin et la tubéreuse l'ont en commun : des pétales épais et crémeux, avec en dessous une douceur mûre, presque animale, celle de l'indole, qui empêche les grands floraux d'être jamais tout à fait sages. Vert sur les bords, fruit trop mûr au cœur, et plus puissant sur une peau chaude.


Lavande
Bleu herbacé et frais d'un coteau ensoleillé
Ce que c'est
Les sommités fleuries sont coupées en pleine floraison et partent directement à l'alambic, où les épis violets livrent une huile pâle. L'extraction aux solvants donne, elle, une absolue plus sombre. La Provence et la Bulgarie en fournissent l'essentiel.
Son odeur
Vive et verte au départ, presque mentholée, avec un souffle frais et camphré sur une tendre douceur florale. En séchant, elle se fait plus chaude : foin, vanille légère, calme poudré. La vraie lavande est plus ronde et plus douce que le lavandin, son hybride.
En parfumerie
Associée à la mousse de chêne, à la coumarine et à la fève tonka, elle donne une fougère, la structure des salons de barbier à l'origine d'innombrables masculins aromatiques. La lavande va de la tête jusqu'au cœur, rafraîchit les floraux lumineux et adoucit les eaux de Cologne aux agrumes.
Bon à savoir
Les champs de Provence que photographient les touristes sont surtout du lavandin, un hybride stérile qui donne bien plus d'huile à l'hectare. La vraie lavande, elle, recule vers les hauteurs : une maladie bactérienne transmise par des insectes suceurs de sève a repoussé les cultures vers des altitudes plus fraîches.
Sauge sclarée
Brume herbacée ambrée avec un souffle vineux
Ce que c'est
Coupée en fleur, cette grande bisannuelle de la famille de la menthe est distillée à la vapeur à partir de ses sommités et de ses feuilles ; on en tire aussi une concrète et une absolue plus lourdes. Rien dans la plante ne laisse deviner ce que la parfumerie en fait.
Son odeur
D'abord verte, aux accents de foin, avec une pointe noisetée et quelque chose de nettement vineux, comme si l'on avait laissé l'herbe fermenter. Dessous court un musc propre. En séchant, elle devient chaude, ronde, d'une légère douceur de tabac.
En parfumerie
Les parfumeurs la placent entre la tête et le cœur, où elle apporte de la rondeur et retient un peu plus longtemps les notes volatiles. C'est la colonne vertébrale discrète de la fougère, aux côtés de la lavande, de la bergamote et de la mousse de chêne dans les classiques des salons de barbier.
Bon à savoir
La sauge sclarée fournit le sclaréol, point de départ naturel de l'Ambrox, la molécule de synthèse qui remplace l'ambre gris dans la parfumerie moderne. Une herbe des champs soutient ainsi toute la famille ambrée. Son nom anglais, clary, vient de « clear-eye », l'œil clair, un ancien remède contre les yeux irrités.


Cardamome
Épice verte qui s'ouvre sur une chaleur citronnée
Ce que c'est
Les cueilleurs prélèvent les capsules avant maturité, ce qui impose de le faire à la main. Une cousine du gingembre, venue des forêts du sud de l'Inde et aujourd'hui largement cultivée au Guatemala. Ce sont les graines qu'elle renferme que l'on distille.
Son odeur
Fendez-en une : un élan frais d'eucalyptus s'élève au-dessus du poivre chaud, du zeste de citron et d'un peu de résine de pin. On y trouve aussi une note de pain légèrement fumée, l'odeur du thé chaï. Vive et pétillante d'abord, puis douce et balsamique.
En parfumerie
Elle se place entre la tête et le cœur, une étincelle épicée qui reste fraîche et permet à une composition de glisser des agrumes vers l'ambre boisé sans la lourdeur du clou de girofle ou de la cannelle. La rose, le cuir et l'oud s'en accommodent tous très bien.
Bon à savoir
La capsule est un emballage. Fermée, elle garde l'huile intacte ; fendue, elle laisse aussitôt l'arôme s'échapper, c'est pourquoi les distillateurs travaillent vite et pourquoi la cardamome moulue d'avance n'est que le fantôme de la capsule entière.
Poivre rose
Baies rosées lumineuses avec un pétillement épicé
Ce que c'est
Ce n'est pas du poivre. Ces baies couleur de rose viennent d'un arbre d'Amérique du Sud sans aucun lien botanique avec la liane du poivrier ; séchées, elles sont ensuite distillées à la vapeur ou extraites au CO2.
Son odeur
Plus rosé et plus fruité que le poivre noir, avec à peine un picotement de chaleur. Des baies écrasées, une résine aux accents de genièvre, une pointe d'agrumes. Il jaillit à l'ouverture et disparaît vite, laissant derrière lui une douce chaleur épicée.
En parfumerie
Les parfumeurs y recourent quand une composition demande de l'épice sans chaleur. Il pose un pétillement rosé sur les floraux, rafraîchit les bois et les ambres, et s'accorde bien avec la bergamote et le patchouli. Ce pétillement est une signature du floral fruité moderne.
Bon à savoir
Sa véritable famille est celle de la noix de cajou, assez proche pour que les personnes qui réagissent au cajou ou à la mangue réagissent parfois aussi à ces baies. Bon à savoir avant de les utiliser en cuisine.
Baie de genièvre
Cônes bleus et résineux qui fleurent le gin et le pin
Ce que c'est
Ce n'est pas une baie. Les perles bleu-noir du genévrier sont des cônes portés par un conifère persistant ; elles mûrissent en deux ou trois ans, les vertes et les mûres se partageant une même branche. Séchées puis distillées à la vapeur, elles donnent l'huile qui aromatise le gin.
Son odeur
Nette et sèche : aiguilles vertes, poivre concassé et une morsure froide de térébenthine sur un fond balsamique. L'ouverture, presque mentholée, évoque un verre de gin, puis la note se pose en une résine boisée et camphrée, avec dessous une légère douceur de sève.
En parfumerie
Une note de tête à cœur qui rafraîchit un mélange. Les fougères, les chypres et les eaux de Cologne aromatiques s'appuient sur elle pour son mordant herbacé, le plus souvent aux côtés de la lavande, du vétiver, de la cardamome et des agrumes, où elle garde la douceur sèche et l'ouverture tonique.
Bon à savoir
Seuls les pieds femelles portent des cônes : la moitié de chaque peuplement est donc inutile au cueilleur. Bien avant le gin, on brûlait des branches de genévrier en fumigation dans les hôpitaux et les chambres de malades au temps de la peste, car on les croyait capables d'assainir l'air.

Benjoin
Baume chaud et vanillé, pleuré par un arbre incisé
Ce que c'est
Le benjoin ne coule pas de lui-même. Il faut entailler l'écorce d'un styrax, au Laos, au Vietnam ou à Sumatra, et la blessure laisse pleurer une gomme qui durcit au fil des mois en larmes rougeâtres.
Son odeur
Doux, chaud, indéniablement vanillé, avec en dessous une douceur ambrée et poudrée. Le benjoin du Siam est plus rond et plus crémeux ; celui de Sumatra, plus fumé, a un mordant de cannelle. Laissé sur la peau, il devient presque caramélisé.
En parfumerie
Une note de fond qui agit à la fois comme fixateur et comme édulcorant, donnant leur éclat aux accords ambrés et tenant en place le reste de la composition. Aux côtés du labdanum, de la fève tonka et de l'encens, elle adoucit les angles vifs.
Bon à savoir
Le mot benzène vient d'ici. Les chimistes ont nommé l'acide benzoïque d'après cette résine, et le benzène a tiré son nom de l'acide. Le nom de la résine elle-même est une expression arabe usée par le temps, luban jawi, « l'encens de Java ».

Néroli
Fleur d'oranger douce-amère distillée en lumière blanche
Ce que c'est
Une fleur, deux parfums. Distillées à la vapeur, les fleurs fraîches de l'oranger amer donnent le néroli ; lavées aux solvants, elles donnent l'absolue de fleur d'oranger, plus lourde et plus douce. Dans les deux cas, elles sont traitées le jour même de la cueillette.
Son odeur
Net et vert, avec un miroitement métallique et miellé, plus proche du linge fraîchement repassé que de quoi que ce soit de sucré. Il s'ouvre frais et vif comme un agrume, puis s'adoucit en une chaleur de pétale cireuse. Une pointe d'amertume l'empêche de tourner à la douceur.
En parfumerie
Les eaux de Cologne reposent sur lui. Il donne un élan à la tête d'un parfum, qui s'ouvre vers l'extérieur au lieu de rester immobile, avec la bergamote et le petit-grain de part et d'autre, et le jasmin et le musc en dessous.
Bon à savoir
Le néroli porte le nom d'une princesse de Nerola du XVIIe siècle, qui en parfumait ses gants et son bain jusqu'à ce que la moitié de l'Europe l'imite. Il faut encore environ une tonne de fleurs cueillies à la main pour en obtenir un kilo.

Iris
Poudre de violette issue d'une racine séchée pendant des années
Ce que c'est
Un iris cultivé pour ses racines, et non pour ses fleurs, sur les collines de Toscane. Les rhizomes sont arrachés, séchés, puis laissés trois à cinq ans avant d'être broyés et distillés à la vapeur en un beurre cireux couleur ivoire.
Son odeur
Frais et poudré, une violette sans la moindre douceur, plus proche de la poudre de riz et d'un suède souple que d'une fleur. Carotte crue et farine, terre humide en dessous, et un léger éclat métallique par-dessus le tout.
En parfumerie
Les parfumeurs l'emploient pour le corps : une touche en cœur ou en fond arrondit les floraux acérés et les bois bruts, et laisse une trace poudrée. La violette, la rose et l'ambrette l'accompagnent, et il sous-tend tous les grands parfums à l'iris.
Bon à savoir
Fraîchement arrachée, la racine sent le vert et l'âcre, rien d'une violette. Les irones se forment à mesure que le rhizome séché s'oxyde : ce sont donc les années qui font la violette, pas la plante. Une tonne donne deux kilos de beurre.
Jasmin
La fleur blanche envoûtante au cœur battant de la parfumerie
Ce que c'est
La cueillette se fait à la main, dans l'obscurité, d'avant l'aube jusqu'au matin. Trop fragiles pour la distillation, les fleurs sont traitées au solvant, qui capte leur huile dans une concrète cireuse ; l'alcool en extrait ensuite l'absolue.
Son odeur
Sucré, lourd et miellé, avec quelque chose de vaguement animal en dessous. Le sambac se montre vert, lumineux, aux nuances de thé ; le grandiflorum est plus fruité, plus crémeux, plus lourd sur la peau. Tous deux évoluent vers un fond chaud et doux, avec un musc aux accents de champignon que l'on ne perçoit que de près.
En parfumerie
Placé au cœur, il relie une ouverture d'agrumes aux bois du fond, en donnant du volume aux deux. La rose, la tubéreuse, le bois de santal et le musc s'y marient tous volontiers. Bien des parfums reposent sur le jasmin, et sur lui seul.
Bon à savoir
Il faut environ cinq mille fleurs cueillies à la main pour un seul gramme d'absolue, l'une des matières les plus coûteuses de la parfumerie. Sa profondeur tient en partie à l'indole, qui sent la décomposition lorsqu'il est concentré et devient rayonnant à la dose infime que porte la fleur.
Angélique
Une racine qui fabrique son propre musc
Ce que c'est
L'essentiel du musc utilisé en parfumerie sort d'un laboratoire. L'angélique est l'une des rares plantes à produire le sien : on sèche la racine, on la laisse vieillir, on la distille, et il en sort les mêmes lactones en anneau qui portent la chaleur du musc.
Son odeur
Terreuse et chaude, avec une morsure verte et poivrée et, en dessous, quelque chose de légèrement animal, comme une terre fraîchement retournée. Elle s'assombrit au fil des heures, sans jamais devenir sucrée. L'huile de graines est une tout autre créature : herbacée, épicée, nette comme un gin.
En parfumerie
Elle entre en tête, traverse le cœur, puis maintient le reste de la formule en place. Les chypres l'accueillent, les accords gin aussi. Le vétiver, le genièvre et l'encens sont ses compagnons naturels.
Bon à savoir
Le revers, c'est la phototoxicité. L'huile rend la peau sensible au soleil, si bien que la dose reste faible, aussi belle que soit son odeur. La retenue lui va de toute façon : il suffit de forcer à peine sur la racine pour qu'elle s'empare du parfum.
Fève tonka
Douceur chaude d'amande et de vanille, avec une ombre de foin et de tabac
Ce que c'est
Les graines décortiquées d'un arbre légumineux d'Amérique du Sud trempent dans l'alcool, puis sèchent pendant des semaines, jusqu'à ce que la coumarine cristallise à leur surface comme du givre. C'est cette fève givrée qui devient l'absolu qu'utilisent les parfumeurs.
Son odeur
D'abord la vanille et l'amande amère, puis le foin, le tabac séché et quelque chose de grillé. L'ouverture évoque une crème anglaise caramélisée ; le fond devient poudré et liquoreux, traversé de cannelle et de trèfle coupé. Plus floue que la vanille, plus douce que l'amande.
En parfumerie
Entre cœur et fond, elle apporte de la douceur sans jamais devenir mordante. La lavande, l'ambre et le tabac s'y accordent tous. La coumarine, isolée pour la première fois de cette graine, a donné naissance à la famille fougère, même si l'original de 1882 reposait sur sa version de synthèse.
Bon à savoir
La tonka doit l'essentiel de son odeur à la coumarine, que les autorités alimentaires américaines ont interdite en 1954, de fortes doses ayant endommagé le foie d'animaux de laboratoire. La fève est de fait illégale dans une cuisine américaine, et parfaitement légale sur la peau.


Vanille
Gousses d'orchidée affinées, crème anglaise et fumée légère
Ce que c'est
Les gousses vertes qui se détachent de la liane d'orchidée ne sentent presque rien. Le parfum se fabrique, il ne se trouve pas : des mois de blanchiment, d'étuvage au soleil et de séchage lent avant que la vanilline n'apparaisse. Le Mexique d'abord, Madagascar aujourd'hui.
Son odeur
La crème anglaise et le caramel d'abord, puis quelque chose de plus sombre en dessous : des fruits secs et un fil de fumée de tabac. Elle devient poudrée en séchant et reste près de la peau. Une vraie vanille affinée paraît plus profonde que la vanilline seule.
En parfumerie
Les parfumeurs s'en servent pour arrondir les angles. Tout ce qui est trop vif, trop vert, trop austère gagne en chaleur et en corps sur un fond de vanille, c'est pourquoi elle ancre tant de compositions orientales et gourmandes, aux côtés de la tonka, de l'ambre, du bois de santal et des épices.
Bon à savoir
Chaque fleur ne s'ouvre qu'un seul jour. Passé ce jour, pas de gousse : toutes sont donc pollinisées à la main, selon une technique mise au point par Edmond Albius, un garçon de douze ans réduit en esclavage à La Réunion. Aujourd'hui, l'arôme vanille est en majorité synthétique.


Vétiver
Terre fraîche et humide tirée de racines enchevêtrées
Ce que c'est
Tout ce qui compte se trouve sous terre. Le vétiver pousse comme une haute graminée tropicale, mais son parfum vit dans ses racines, un tapis fibreux et dense que l'on arrache, lave, sèche et distille à la vapeur pour obtenir une huile épaisse d'un brun ambré.
Son odeur
Terre fraîche et humide, herbe coupée sur un bois sec. L'huile d'Haïti est plus lisse, avec une légère douceur de noisette ; celle de Java est plus sombre, plus fumée, plus cuirée. Sous les deux, une pointe amère de pamplemousse et un trait vert et minéral qui tient des heures.
En parfumerie
Les parfumeurs s'en servent pour ancrer une formule, d'où sa place dans les fougères et les chypres. Les agrumes, le cuir et le tabac s'y posent volontiers. Poussé vers son versant plus cendré, il devient sévère aux côtés du cyprès et du cèdre.
Bon à savoir
Les mêmes racines qui finissent en flacon sont plantées à flanc de colline pour retenir le sol, agrippant la terre là où rien d'autre ne tient. Haïti fournit environ la moitié de l'huile de vétiver mondiale, cultivée pour l'essentiel dans de petites exploitations.

Patchouli
Terre humide et bois sombre après la pluie
Ce que c'est
Personne ne pense à la menthe, et pourtant c'est bien sa famille : un arbuste feuillu dont les feuilles sont séchées puis laissées à mûrir, presque jusqu'à la fermentation, avant que la distillation n'en tire une huile épaisse et sombre comme un sirop.
Son odeur
Terre mouillée, sous-bois, vieille cave, avec en dessous une douceur vineuse. Jeune, l'huile peut se montrer vive et verte, presque camphrée. Vieillie, elle prend le chemin inverse, vers le chocolat et le cuir, et reste en place des heures.
En parfumerie
Presque rien ne retient une composition comme lui. Les chypres et les orientaux reposent sur cet ancrage, et quelques gouttes sous la rose, le vétiver ou le labdanum suffisent à maintenir l'ensemble sur la peau pendant des heures.
Bon à savoir
Au XIXe siècle, les châles du Cachemire voyageaient emballés dans des feuilles de patchouli séchées pour éloigner les mites, et les Européens apprirent à reconnaître un châle authentique à sa seule odeur. L'huile se bonifie avec le temps, ce que presque aucune huile essentielle ne fait, et s'adoucit comme un vin.


Santal
Bois crémeux, arraché jusqu'aux racines
Ce que c'est
L'huile la plus riche se trouve dans les racines : l'arbre entier est donc arraché, et non abattu, puis distillé à la vapeur. Mysore, dans le sud de l'Inde, en était la source classique, jusqu'à ce que des décennies de coupes excessives mènent les arbres sauvages au bord de la disparition.
Son odeur
Du lait et du bois chaud, avec une pointe rosée, presque beurrée, et rien de tranchant. Ce qui surprend, c'est à quel point il évolue peu : ni ouverture éclatante, ni coup de théâtre dans le fond, seulement la même lueur paisible pendant des heures.
En parfumerie
Il agit sur deux plans : comme odeur, et comme fixateur qui maintient la rose ou le jasmin en place. Le santal se classe aussi par qualités, et le bois de cœur ancien le plus sombre, le plus dense et le plus chargé en résine porte un nom à part : « viande rouge ».
Bon à savoir
Un bois de cœur digne d'être récolté met une trentaine d'années à se former. Des plantations de la même espèce en Australie-Occidentale fournissent aujourd'hui l'essentiel de l'huile mondiale, proche de la chimie de l'ancien Mysore, sans tout à fait en avoir le crémeux.

Cèdre
Copeaux de crayon secs et bois chauffé au soleil
Ce que c'est
Le cèdre de vos placards ou de vos coffres en cèdre est le plus souvent un genévrier. C'est le cas du cèdre de Virginie comme du cèdre du Texas ; seuls les cèdres de l'Atlas et de l'Himalaya sont de vrais Cedrus. L'huile est distillée à la vapeur à partir de copeaux de bois de cœur et de sciure de scierie.
Son odeur
Des crayons fraîchement taillés, et l'intérieur d'un coffre en cèdre. Le cèdre de Virginie penche vers la sécheresse du crayon et le balsamique ; celui de l'Atlas est plus doux, presque miellé. Tous deux portent une fumée nette, d'une fraîcheur légèrement camphrée, qui se pose en une chaleur de sève.
En parfumerie
Un pilier, du cœur jusqu'au fond : une structure sèche sur laquelle les autres matières peuvent s'appuyer. Il s'accorde avec le vétiver, la rose, les agrumes et l'encens, et c'est sa fumée que l'on retrouve dans le fond d'innombrables boisés ambrés modernes.
Bon à savoir
Le cèdre apparaît rarement seul. Ses molécules, retravaillées en laboratoire, forment l'ossature d'un très grand nombre de parfums boisés contemporains, ce qui explique pourquoi tant de boisés modernes sentent légèrement le crayon taillé.
Myrrhe
Fumée de résine amère d'un arbre du désert blessé
Ce que c'est
Quand on entaille l'écorce d'un arbuste épineux du désert, dans la Corne de l'Afrique ou en Arabie, il saigne. La sève pâle durcit sur la branche en larmes brun rougeâtre, distillées à la vapeur pour donner une huile ou extraites au solvant pour un résinoïde plus sombre.
Son odeur
Fraîche et amère d'abord, assez médicinale pour rappeler un pansement neuf, sur une terre sèche et de la réglisse. Puis elle se réchauffe : baume fumé, cuir souple, et en dessous une humidité aux accents de champignon. Plus lente et plus sombre que l'encens, et plus poussiéreuse.
En parfumerie
Les parfumeurs la placent dans le bas de la formule, où elle donne leur gravité aux compositions encensées, ambrées et chyprées, ce poids d'église sous la rose, le labdanum et le benjoin. Là où l'encens élève une composition, la myrrhe l'ancre.
Bon à savoir
Son nom vient d'une racine sémitique qui signifie amer. L'Égypte la brûlait dans ses temples et en garnissait le corps des défunts. Le surpâturage et des saignées trop intensives éclaircissent aujourd'hui les peuplements sauvages qui la fournissent.

Encens
Larmes dorées figées sur un tronc entaillé
Ce que c'est
Incisé, le Boswellia laisse s'écouler une sève laiteuse qui durcit en quelques semaines en larmes dorées. Les Boswellia sacra d'Oman et de Somalie donnent la résine la plus prisée. La vapeur ou le solvant changent ensuite ces larmes en huile.
Son odeur
Plus lumineux qu'on ne l'attendrait d'une matière appelée encens : frais, citronné, d'une fraîcheur qui frôle celle du pin, avec un élan poivré. Dessous, il est sec et balsamique, et il s'achève dans la fumée chaude et poussiéreuse que vous connaissez déjà.
En parfumerie
Chose curieuse pour une résine : il allège ce qui est lourd. Placé au cœur et en fond, il aère l'oud, le labdanum et les accords orientaux épais, et offre à la rose un espace frais et calme où se tenir.
Bon à savoir
Les arbres vont mal. Les peuplements sauvages de Boswellia s'éclaircissent sous l'effet des saignées excessives, de la sécheresse et du pâturage, et l'approvisionnement à long terme d'une résine que le monde brûle depuis des milliers d'années est désormais une vraie question.

Opoponax
Myrrhe douce qui ronronne de miel, de baume et de vieux bois
Ce que c'est
La myrrhe douce naît d'une sève. Incisée, l'écorce d'un Commiphora de Somalie ou d'Éthiopie laisse couler une gomme qui durcit en larmes rougeâtres, distillées à la vapeur pour en tirer une huile ou lavées au solvant pour obtenir un résinoïde.
Son odeur
Plus rond et plus doux que la myrrhe, miellé plutôt que médicinal, avec un petit élan effervescent à l'ouverture. En dessous, il devient poussiéreux et légèrement animal, avec une pointe de champignon, sec comme du vieux bois. Pensez à un benjoin, plus sec et poudré.
En parfumerie
Une note de fond qui sert aussi de fixateur, retenant les autres matières tout en donnant aux accords ambrés leur éclat miellé. Plus haut dans la composition, il peut relever un chypre. Le labdanum, la vanille, l'encens et la rose sont ses compagnons.
Bon à savoir
Deux plantes différentes répondent à ce nom. L'ancien opoponax européen était un parent méditerranéen du persil ; la résine vendue aujourd'hui aux parfumeurs provient d'un arbre africain sans aucun lien avec lui.
Caractère Olfactif
La lavande, la sauge et le genièvre ouvrent le parfum, nets et herbacés, frais comme un linge repassé. L'iris rend le cœur doux et poudré, tandis que le jasmin et l'angélique le gardent aérien là où il pourrait s'alourdir. Le vétiver et le bois de santal donnent au fond une profondeur crémeuse et discrète, légèrement résineuse, jamais bruyante.
À Porter
Une signature discrète pour la journée de travail, qui se prolonge avec aisance jusqu'à un dîner raffiné ou une sortie le soir, sa lavande nette et son iris poudré convenant à l'air tempéré du printemps et de l'automne.
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L’Atmosphère
Le Nez
Lucas Sieuzac
Parfumeur
Lucas Sieuzac est issu d'une famille de parfumeurs français et a rejoint Eurofragance comme parfumeur senior en parfumerie fine en 2019, après Florasynth, Créations Aromatiques, Symrise et Cosmo International. Il a composé Amouage Reflection Man, Amouage Jubilation 25 Woman et Comme des Garçons Dot, et cosigné Givenchy Play et Azzaro Now Man.
La Maison
Encens et rose à l'échelle royale, à tester sans le pari de confiance qu'exige un flacon entier.
Amouage ne fait rien discrètement. Chaque flacon semble pensé pour une pièce qu'il faut mériter, hauts plafonds, encens dans l'air et lumière filtrant à travers quelque chose de précieux. La maison verse l'encens, la rose et l'oud comme si la réserve était infinie, et le résultat porte large et dure longtemps sans jamais verser dans le bruyant pour le seul plaisir de l'être.
- Origine
- Mascate, Oman
- Fondée en
- 1983
- Connue pour
- Encens, rose, oud


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Une seringue Socorex de qualité médicale prélève les millilitres exacts directement dans le flacon.
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