



Amouage
Elsewhere
L'Histoire
Amouage l'a d'abord vendu en 2025 sous le nom de Sindbad, uniquement à Oman ; selon la maison, Elsewhere est le même jus, désormais distribué dans le monde entier. Il appartient à The Essences, la seule ligne d'Amouage soumise à un rituel de vieillissement prolongé : six mois d'éthanol bio en fûts de chêne, six mois de concentré infusé avec des copeaux de bois de santal, puis deux semaines de macération.


Sucré
Un sucre chaud qu'on n'arrive pas tout à fait à nommer
Caramel, miel, sucre filé : une douceur qui flotte entre les trois sans jamais se poser sur l'un d'eux. C'est l'attrait gourmand, ce qui pousse à se pencher plus près qu'on ne le voulait, chaud, tendre, à deux doigts d'être comestible.


Miel
douceur dorée et chaleur animale
Une douceur épaisse et cireuse, doublée d'une nuance légèrement animale, presque cuirée, sous le nectar. Elle vibre, chaude et au plus près de la peau, avec en surface des fleurs fraîches comme un rayon de miel et, dessous, quelque chose de plus sombre et de plus collant, plus proche de la ruche elle-même que de tout ce qu'on verse d'un pot.


Boisé
grain sec du bois fraîchement coupé
L'odeur des copeaux de cèdre, du santal et des racines sèches de vétiver, une chaleur poncée et résineuse au léger râpé de plumier. Ancré et posé, c'est l'épine dorsale tranquille qui rend un parfum sérieux et durable.


Fruité
Peau de pêche, pas zeste de citron
Pêche, poire, pomme, baies : c'est la douceur de la chair plutôt que de l'écorce, perlée de rosée et gorgée de nectar là où les agrumes sont vifs et ténus. Elle se montre jeune et un brin gourmande, ce genre de maturité que l'on sent presque couler le long du poignet.


Vanille
Gousse affinée, liquoreuse sous la crème
Des gousses affinées, pas un glaçage. La douceur a ici le moelleux d'une crème pâtissière et une profondeur balsamique, avec dessous quelque chose de sombre et d'alcoolisé, plus proche du rhum et de la fumée de bois que du sucre. Elle réchauffe tout ce qui se pose au-dessus d'elle, émousse les angles vifs et ralentit l'ensemble.


Aromatique
Herbes froissées dans l'air frais
La fraîcheur verte et camphrée de la lavande, du romarin, de la sauge et du thym, comme des herbes meurtries entre les doigts. Propre, vivifiante et un brin austère, elle est l'épine dorsale nette d'une fraîcheur classique de barbier.


Miel
Cire d'abeille et fruits secs qui virent doucement au sauvage
Ce que c'est
Les abeilles concentrent le nectar des fleurs en un sirop dont l'odeur dépend de ce qu'elles ont butiné. Le miel brut se prête mal à une extraction nette : la note en flacon est donc presque toujours construite à partir d'absolu de cire d'abeille et de molécules de synthèse.
Son odeur
Épais et doré, collant de fruits secs et de cire chaude, et jamais tout à fait sage. Sous la douceur court quelque chose d'animal, plus proche de la peau que du pot. Forcez la dose et il vire au cuir.
En parfumerie
Une chaleur de cœur à fond qui arrondit le tabac, la fleur d'oranger, l'immortelle et le cuir, en adoucit les angles et y fait passer en contrebande la tiédeur du corps. Les orientaux s'en servent pour que la douceur paraisse vécue plutôt que sortie d'une confiserie.
Bon à savoir
Ce côté sauvage tient pour l'essentiel à une seule molécule, l'acide phénylacétique, qui sent à la fois le miel et la sueur rance et frôle la civette. Surdosée, elle fait basculer le parfum dans la basse-cour : les parfumeurs la dosent donc en infimes fractions.


Mandarine
Écorce tiédie par le soleil, sucrée et envolée en quelques minutes
Ce que c'est
Une mandarine à la peau si lâche que l'écorce se détache d'un seul tenant. C'est cette écorce qui fait le parfum : son huile, logée dans de minuscules glandes qui éclatent quand on la pèle, est ensuite pressée à froid plutôt que distillée.
Son odeur
Plus sucrée et plus ronde que l'orange, sans rien du tranchant du citron. Imaginez une écorce confite et un trait de jus, une légère amertume venue du zeste, l'éclair fugace de quelque chose de presque floral. Puis elle s'évanouit, et vite.
En parfumerie
Tout se joue dans les dix premières secondes. La mandarine donne à un parfum son pétillant et sa bonne humeur, puis s'efface pour laisser le néroli, la bergamote ou un musc léger prendre le relais. Elle empêche aussi les gourmands de devenir lourds.
Bon à savoir
En anglais, le fruit porte le nom d'un port. Arrivé en Europe au début du XIXe siècle dans des caisses parties de Tanger, il en a gardé le nom : tangerine.

Pamplemousse
Éclat d'agrume amer et lumineux, à la pointe soufrée
Ce que c'est
L'huile se trouve dans l'écorce, pas dans la chair : la pression fait éclater les glandes et elle s'écoule à froid. Le fruit est né d'un hasard, un croisement fortuit entre le pomélo et l'orange douce apparu dans les Caraïbes.
Son odeur
Acidulé et pétillant, avec une pointe amère de zeste et, en dessous, quelque chose de légèrement sudoral et soufré, précisément ce qui le fait reconnaître comme pamplemousse plutôt que comme orange. Il s'efface vite, laissant une trace propre, savonneuse, d'un vert amer.
En parfumerie
Les parfumeurs l'emploient en ouverture, pour ce coup de fraîcheur glacé qui précède tout le reste. Il s'accorde bien avec le néroli et la menthe, et devient moderne et sec sur un vétiver ou un fond boisé ambré.
Bon à savoir
Presque tout ce caractère tient à des traces : le mercaptan de pamplemousse, que le nez perçoit à une fraction de partie pour mille milliards, et la nootkatone. L'huile rend aussi la peau sensible au soleil ; on l'emploie donc le plus souvent épurée, ou à faible dose.


Mangue
La chair de la mangue ne livre rien, alors les parfumeurs la reconstruisent
Ce que c'est
Pressez une mangue, vous obtiendrez du jus, pas de l'huile. Il existe bel et bien des matières naturelles de mangue, mais elles sont rares : une absolue de feuille verte et une absolue de fruit difficile à trouver. La note est donc le plus souvent assemblée : lactones et esters, ou davana et osmanthe.
Son odeur
Construite sur des lactones, elle est sucrée et dorée, crémeuse sous une tête juteuse, d'un seul trait lumineux de l'ouverture au fond. La version botanique est plus tendre et plus floue : confiturée, vaguement liquoreuse, abricotée sur les bords, elle se brouille à mesure qu'on la porte.
En parfumerie
La mangue ancre les compositions tropicales et gourmandes, et s'accorde sans peine avec la noix de coco et les fleurs blanches. Les lactones la font tenir jusqu'au fond ; les esters brillent un instant puis s'effacent. Une version botanique exige un rééquilibrage constant, chaque matière entraînant avec elle une traîne florale.
Bon à savoir
Aucune des deux versions n'est le fruit. La voie des lactones est stable et identique à chaque fois, ce qui explique que la mangue soit partout. L'osmanthe et la davana varient au gré des récoltes : une mangue entièrement botanique est donc rare, et se révèle plus chaude et plus discrète.


Grenade
Grains rubis acidulés, croquants et doux-amers
Ce que c'est
Chaque graine rubis est enchâssée dans une perle de jus acidulé qui ne sent presque rien, et l'on ne peut en tirer aucune huile essentielle. La note est donc inventée : un accord fantaisie de molécules fruitées et vertes.
Son odeur
Vive et juteuse mais jamais sucrée, avec une pointe vineuse de fruits rouges. En surface, quelque chose d'aqueux et de légèrement métallique ; au milieu, une vivacité de canneberge ; dessous, une amertume sèche et tannique qui l'empêche de devenir écœurante.
En parfumerie
Son rôle est d'aiguiser. Posée sur la rose, la pivoine ou les agrumes, sa pointe rouge et acidulée empêche un fruité-floral de virer au sirupeux, et face au patchouli ou au musc, elle donne aux roses sombres et épicées leur éclat.
Bon à savoir
Le latin l'appelait la pomme à grains ; le français l'appelle grenade. Quand des soldats ont découvert une petite bombe ronde bourrée d'éclats, ils lui ont prêté le nom du fruit, et l'arme le porte depuis.


Abricot
Velours tiédi au soleil, sans le moindre fruit
Ce que c'est
Il n'y a pas d'abricot dans l'abricot. Le fruit ne livre rien qui vaille d'être distillé : la note se construit donc, le plus souvent avec des lactones et des esters éclatants, ou avec l'absolue d'osmanthe, qui sent à elle seule l'abricot sec et le cuir.
Son odeur
Veloutée et tiédie au soleil, la joue rosée d'un fruit mûr sur un fond crémeux et cireux. La version de laboratoire garde une seule silhouette d'abricot du début à la fin. La version naturelle est plus floue, traversée de thé et de miel, et ne tient pas en place.
En parfumerie
Elle se place en tête et en cœur des floraux fruités, des chypres et des gourmands, où elle apporte une douceur moelleuse et de l'élan. Les lactones se dosent de façon prévisible et donnent du volume. L'osmanthe et la davana coûtent cher et dépendent des récoltes : on en fait donc la pièce maîtresse.
Bon à savoir
L'osmanthe et la davana apparaissent aussi dans des formules grand public : les voir sur une liste ne dit donc rien de la part de naturel d'un parfum. Ce qui trahit, c'est le comportement : un abricot de laboratoire reste en place et projette, un abricot botanique vagabonde.

Gingembre
Piquant poivré et frais, avec une chaleur fibreuse
Ce que c'est
Ce n'est pas une racine, quoi qu'en dise le primeur, mais une tige souterraine renflée. Les parfumeurs le travaillent de deux façons : distillé à la vapeur en huile essentielle, ou extrait au CO2, et les deux ne sont pas interchangeables.
Son odeur
Vif et sec : une étincelle pétillante de citron et de pin, du poivre derrière et, en dessous, une chaleur fibreuse et terreuse. Rien de la douceur du gingembre cuit. L'extrait au CO2 est plus rond et plus juteux, plus proche d'un rhizome que l'on vient de casser en deux.
En parfumerie
Il agit entre la tête et le cœur : il réveille les agrumes, donne du tranchant aux bois et empêche les structures aquatiques et fougère de s'éteindre. Quand un parfum net et poivré palpite, le gingembre y est généralement pour quelque chose.
Bon à savoir
En culture, le gingembre ne fleurit presque jamais. Chaque plant naît d'un fragment d'un autre plant, si bien que le gingembre du monde entier forme presque un seul et énorme clone, passé de main en main le long des routes commerciales depuis cinq mille ans.


Cardamome
Épice verte qui s'ouvre sur une chaleur citronnée
Ce que c'est
Les cueilleurs prélèvent les capsules avant maturité, ce qui impose de le faire à la main. Une cousine du gingembre, venue des forêts du sud de l'Inde et aujourd'hui largement cultivée au Guatemala. Ce sont les graines qu'elle renferme que l'on distille.
Son odeur
Fendez-en une : un élan frais d'eucalyptus s'élève au-dessus du poivre chaud, du zeste de citron et d'un peu de résine de pin. On y trouve aussi une note de pain légèrement fumée, l'odeur du thé chaï. Vive et pétillante d'abord, puis douce et balsamique.
En parfumerie
Elle se place entre la tête et le cœur, une étincelle épicée qui reste fraîche et permet à une composition de glisser des agrumes vers l'ambre boisé sans la lourdeur du clou de girofle ou de la cannelle. La rose, le cuir et l'oud s'en accommodent tous très bien.
Bon à savoir
La capsule est un emballage. Fermée, elle garde l'huile intacte ; fendue, elle laisse aussitôt l'arôme s'échapper, c'est pourquoi les distillateurs travaillent vite et pourquoi la cardamome moulue d'avance n'est que le fantôme de la capsule entière.
Poivre rose
Baies rosées lumineuses avec un pétillement épicé
Ce que c'est
Ce n'est pas du poivre. Ces baies couleur de rose viennent d'un arbre d'Amérique du Sud sans aucun lien botanique avec la liane du poivrier ; séchées, elles sont ensuite distillées à la vapeur ou extraites au CO2.
Son odeur
Plus rosé et plus fruité que le poivre noir, avec à peine un picotement de chaleur. Des baies écrasées, une résine aux accents de genièvre, une pointe d'agrumes. Il jaillit à l'ouverture et disparaît vite, laissant derrière lui une douce chaleur épicée.
En parfumerie
Les parfumeurs y recourent quand une composition demande de l'épice sans chaleur. Il pose un pétillement rosé sur les floraux, rafraîchit les bois et les ambres, et s'accorde bien avec la bergamote et le patchouli. Ce pétillement est une signature du floral fruité moderne.
Bon à savoir
Sa véritable famille est celle de la noix de cajou, assez proche pour que les personnes qui réagissent au cajou ou à la mangue réagissent parfois aussi à ces baies. Bon à savoir avant de les utiliser en cuisine.


Thé noir
Feuilles sèches, tanin et un soupçon de fumée
Ce que c'est
Des feuilles flétries, roulées, puis laissées s'oxyder entièrement : c'est ce qui les noircit et fait passer leur odeur de l'herbe au sombre. La Chine procède ainsi depuis des siècles. Une véritable absolue de thé est rare, la parfumerie la reconstitue donc.
Son odeur
Sec et astringent, comme la troisième tasse servie d'une même théière. Le foin et le cuir usé se tiennent dessous, avec une douceur de rose et de jasmin contenue par la poudre. Net et aérien au départ, il se fait ensuite discret, fumé et boisé.
En parfumerie
Une note de cœur qui fait office de frein : son tanin coupe la douceur et empêche un floral de virer au sirupeux. Les agrumes l'élèvent, les bois la portent, et la plupart des parfums au thé modernes sont une variation de cet équilibre.
Bon à savoir
Deux molécules font l'essentiel du travail. Le théaspirane pose un éclat de cassis sur une arête verte et fraîche ; la tabanone apporte le tabac et une nuance qui rappelle le gland. Autour d'eux, les ionones et le bois de gaïac apportent la poudre et le bois.


Cappuccino
Torréfaction amère adoucie sous la mousse de lait
Ce que c'est
La moitié de cette note est réelle. Les grains de café torréfiés livrent un absolu ou un extrait au CO2 à l'odeur de torréfaction convaincante. Le lait, lui, ne donne rien d'exploitable : la moitié crémeuse est donc construite à partir de lactones.
Son odeur
Un café amer, légèrement brûlé, enveloppé dans quelque chose de chaud et de lacté. Pas le mordant noir de l'espresso, mais sa version adoucie : grillée, noisetée, vaguement cacaotée, avec en surface la douceur poudrée de la mousse et, dessous, la sécheresse du grain torréfié.
En parfumerie
Il agit au cœur des gourmands et des boisés ambrés, où son amertume empêche la douceur de s'emballer. La fève tonka, la vanille, le miel, le tabac et le cèdre l'accueillent tous. Rares sont les notes de boisson capables de porter une composition sans la transformer en dessert.
Bon à savoir
Une torréfaction libère des centaines de composés, et votre nez reconstruit la tasse entière à partir d'environ deux douzaines. Les parfumeurs trichent de la même manière, avec une poignée de molécules torréfiées. Une note café sent l'idée du café.
Davana
Herbe abricotée et alcoolisée qui se métamorphose sur chaque peau
Ce que c'est
Une petite herbe aromatique de la famille de la marguerite, cultivée autour de Mysore, dans le sud de l'Inde, dont les sommités fleuries encore vertes sont distillées à la vapeur en une huile sombre et puissante. On ne la cultive presque jamais pour la table.
Son odeur
Abricot et prune macérés dans un vin chaud, liquoreux et épais, sur une douceur verte aux accents de thé, traversée de pruneau sec et de foin chaud. Doux sans jamais être sucré, tenace, et rarement le même sur deux personnes.
En parfumerie
Les parfumeurs l'emploient au compte-gouttes, jamais à pleine dose. Elle gonfle la pêche, l'abricot et la rose, lisse la jointure entre la tête et le fond, et verse un élan liquoreux dans les chypres et les floraux fruités.
Bon à savoir
Cette variation est tout l'intérêt : on surnomme la davana l'huile caméléon, car son fruité bascule selon la chimie de peau de chacun. En Inde, les fleurs fraîches sont tressées en guirlandes de temple offertes à Shiva.
Fève tonka
Douceur chaude d'amande et de vanille, avec une ombre de foin et de tabac
Ce que c'est
Les graines décortiquées d'un arbre légumineux d'Amérique du Sud trempent dans l'alcool, puis sèchent pendant des semaines, jusqu'à ce que la coumarine cristallise à leur surface comme du givre. C'est cette fève givrée qui devient l'absolu qu'utilisent les parfumeurs.
Son odeur
D'abord la vanille et l'amande amère, puis le foin, le tabac séché et quelque chose de grillé. L'ouverture évoque une crème anglaise caramélisée ; le fond devient poudré et liquoreux, traversé de cannelle et de trèfle coupé. Plus floue que la vanille, plus douce que l'amande.
En parfumerie
Entre cœur et fond, elle apporte de la douceur sans jamais devenir mordante. La lavande, l'ambre et le tabac s'y accordent tous. La coumarine, isolée pour la première fois de cette graine, a donné naissance à la famille fougère, même si l'original de 1882 reposait sur sa version de synthèse.
Bon à savoir
La tonka doit l'essentiel de son odeur à la coumarine, que les autorités alimentaires américaines ont interdite en 1954, de fortes doses ayant endommagé le foie d'animaux de laboratoire. La fève est de fait illégale dans une cuisine américaine, et parfaitement légale sur la peau.


Vanille
Gousses d'orchidée affinées, crème anglaise et fumée légère
Ce que c'est
Les gousses vertes qui se détachent de la liane d'orchidée ne sentent presque rien. Le parfum se fabrique, il ne se trouve pas : des mois de blanchiment, d'étuvage au soleil et de séchage lent avant que la vanilline n'apparaisse. Le Mexique d'abord, Madagascar aujourd'hui.
Son odeur
La crème anglaise et le caramel d'abord, puis quelque chose de plus sombre en dessous : des fruits secs et un fil de fumée de tabac. Elle devient poudrée en séchant et reste près de la peau. Une vraie vanille affinée paraît plus profonde que la vanilline seule.
En parfumerie
Les parfumeurs s'en servent pour arrondir les angles. Tout ce qui est trop vif, trop vert, trop austère gagne en chaleur et en corps sur un fond de vanille, c'est pourquoi elle ancre tant de compositions orientales et gourmandes, aux côtés de la tonka, de l'ambre, du bois de santal et des épices.
Bon à savoir
Chaque fleur ne s'ouvre qu'un seul jour. Passé ce jour, pas de gousse : toutes sont donc pollinisées à la main, selon une technique mise au point par Edmond Albius, un garçon de douze ans réduit en esclavage à La Réunion. Aujourd'hui, l'arôme vanille est en majorité synthétique.

Cèdre
Copeaux de crayon secs et bois chauffé au soleil
Ce que c'est
Le cèdre de vos placards ou de vos coffres en cèdre est le plus souvent un genévrier. C'est le cas du cèdre de Virginie comme du cèdre du Texas ; seuls les cèdres de l'Atlas et de l'Himalaya sont de vrais Cedrus. L'huile est distillée à la vapeur à partir de copeaux de bois de cœur et de sciure de scierie.
Son odeur
Des crayons fraîchement taillés, et l'intérieur d'un coffre en cèdre. Le cèdre de Virginie penche vers la sécheresse du crayon et le balsamique ; celui de l'Atlas est plus doux, presque miellé. Tous deux portent une fumée nette, d'une fraîcheur légèrement camphrée, qui se pose en une chaleur de sève.
En parfumerie
Un pilier, du cœur jusqu'au fond : une structure sèche sur laquelle les autres matières peuvent s'appuyer. Il s'accorde avec le vétiver, la rose, les agrumes et l'encens, et c'est sa fumée que l'on retrouve dans le fond d'innombrables boisés ambrés modernes.
Bon à savoir
Le cèdre apparaît rarement seul. Ses molécules, retravaillées en laboratoire, forment l'ossature d'un très grand nombre de parfums boisés contemporains, ce qui explique pourquoi tant de boisés modernes sentent légèrement le crayon taillé.

Labdanum
Résine ambrée collante grattée sur le ciste brûlé de soleil
Ce que c'est
L'été, un ciste méditerranéen exsude par ses feuilles une gomme sombre, assez collante pour vous souder les doigts. Pour la recueillir, les récolteurs font bouillir les branches ou les raclent, puis tirent de cette gomme brute une absolue et un résinoïde.
Son odeur
Une chaleur balsamique, puis du cuir, des fruits secs, du miel et une volute de fumée. L'ouverture évoque presque l'ambre gris. Des heures plus tard, il s'est fondu en un tabac brun et une peau patinée, et il tient toujours.
En parfumerie
Retirez le labdanum, et la plupart des accords ambre s'effondrent : c'est sur lui que l'on pose la vanille et le benjoin. Il fixe une formule, donne leur profondeur aux chypres et aux cuirs, et s'accorde avec la rose, la mousse de chêne et l'encens.
Bon à savoir
Avant la distillation, il y avait les chèvres. Tout l'été, les troupeaux broutaient dans les fourrés de cistes ; la gomme s'agglutinait dans leur barbe et sur leurs cuisses, et les bergers la recueillaient au peigne. Le labdanum est l'une des plus anciennes matières aromatiques encore utilisées.
Cypriol
Racine sombre et fumée, née du lit d'une rivière indienne
Ce que c'est
Le nagarmotha, un souchet qui pousse à l'état sauvage dans les lits de rivière marécageux du Madhya Pradesh. Les racines sont arrachées, séchées, broyées et distillées à la vapeur, pour un rendement inférieur à un dixième de pour cent : une huile épaisse et sombre.
Son odeur
Boisé et terreux, avec un dessous froid et fumé, plus sec que le patchouli et plus racinaire que le vétiver. D'abord une vivacité poivrée, puis le cuir, l'ambre sec et un peu de goudron. Il finit sombre, minéral et cendré, proche du bois d'agar brûlé.
En parfumerie
Note de fond et fixateur naturel, c'est le substitut abordable quand une formule réclame de l'oud. Il s'accorde avec le patchouli, le safran, le cèdre et l'encens, et soutient la plupart des accords boisés fumés qui penchent vers le bois d'agar.
Bon à savoir
En Inde, ce même rhizome est utilisé depuis longtemps en médecine ayurvédique et dans la fabrication des attars. Son proche parent, un autre souchet, est quant à lui une mauvaise herbe tenace que les cultivateurs maudissent partout dans le monde.


Vétiver
Terre fraîche et humide tirée de racines enchevêtrées
Ce que c'est
Tout ce qui compte se trouve sous terre. Le vétiver pousse comme une haute graminée tropicale, mais son parfum vit dans ses racines, un tapis fibreux et dense que l'on arrache, lave, sèche et distille à la vapeur pour obtenir une huile épaisse d'un brun ambré.
Son odeur
Terre fraîche et humide, herbe coupée sur un bois sec. L'huile d'Haïti est plus lisse, avec une légère douceur de noisette ; celle de Java est plus sombre, plus fumée, plus cuirée. Sous les deux, une pointe amère de pamplemousse et un trait vert et minéral qui tient des heures.
En parfumerie
Les parfumeurs s'en servent pour ancrer une formule, d'où sa place dans les fougères et les chypres. Les agrumes, le cuir et le tabac s'y posent volontiers. Poussé vers son versant plus cendré, il devient sévère aux côtés du cyprès et du cèdre.
Bon à savoir
Les mêmes racines qui finissent en flacon sont plantées à flanc de colline pour retenir le sol, agrippant la terre là où rien d'autre ne tient. Haïti fournit environ la moitié de l'huile de vétiver mondiale, cultivée pour l'essentiel dans de petites exploitations.

Patchouli
Terre humide et bois sombre après la pluie
Ce que c'est
Personne ne pense à la menthe, et pourtant c'est bien sa famille : un arbuste feuillu dont les feuilles sont séchées puis laissées à mûrir, presque jusqu'à la fermentation, avant que la distillation n'en tire une huile épaisse et sombre comme un sirop.
Son odeur
Terre mouillée, sous-bois, vieille cave, avec en dessous une douceur vineuse. Jeune, l'huile peut se montrer vive et verte, presque camphrée. Vieillie, elle prend le chemin inverse, vers le chocolat et le cuir, et reste en place des heures.
En parfumerie
Presque rien ne retient une composition comme lui. Les chypres et les orientaux reposent sur cet ancrage, et quelques gouttes sous la rose, le vétiver ou le labdanum suffisent à maintenir l'ensemble sur la peau pendant des heures.
Bon à savoir
Au XIXe siècle, les châles du Cachemire voyageaient emballés dans des feuilles de patchouli séchées pour éloigner les mites, et les Européens apprirent à reconnaître un châle authentique à sa seule odeur. L'huile se bonifie avec le temps, ce que presque aucune huile essentielle ne fait, et s'adoucit comme un vin.
Caractère Olfactif
Le miel mène dès la première minute, tranché par la mandarine, le pamplemousse et la mangue pour ne jamais devenir écœurant, le gingembre et le poivre rose gardant du mordant. Le cœur est la partie singulière : thé noir et accord cappuccino, traversés de davana. La fève tonka, la vanille et le labdanum le referment, tandis que le cypriol, le vétiver et le cèdre ramènent la douceur vers le bois sec.
À Porter
L'hiver et la fin de l'automne lui conviennent le mieux, à porter une fois la nuit tombée. À la concentration de 30 % indiquée par la maison, ce bois miellé tient huit à dix heures et emplit une pièce avec force : une main retenue sur le vaporisateur suffit donc largement. Il appartient à l'air froid, aux manteaux épais et aux intérieurs éclairés, et à qui ne craint pas d'être remarqué.
Choisir les options




L’Atmosphère
Le Nez
Pierre Négrin
Parfumeur
Pierre Négrin est parfumeur indépendant, installé à Greenwich, dans le Connecticut, après treize ans chez Firmenich à New York. Il a cosigné Tom Ford Black Orchid avec David Apel et Ralph Lauren Polo Black avec Ellen Molner, et composé Amouage Interlude Man et Amouage Portrayal Man. Amouage Opus VII est de lui, avec Alberto Morillas.
Plus de ce nezInterlude 53
La Maison
Encens et rose à l'échelle royale, à tester sans le pari de confiance qu'exige un flacon entier.
Amouage ne fait rien discrètement. Chaque flacon semble pensé pour une pièce qu'il faut mériter, hauts plafonds, encens dans l'air et lumière filtrant à travers quelque chose de précieux. La maison verse l'encens, la rose et l'oud comme si la réserve était infinie, et le résultat porte large et dure longtemps sans jamais verser dans le bruyant pour le seul plaisir de l'être.
- Origine
- Mascate, Oman
- Fondée en
- 1983
- Connue pour
- Encens, rose, oud


CHAQUE DÉCANT
Du flacon d'origine jusqu'à votre porte
Nous achetons le flacon d'origine au prix public, directement auprès de la maison.
Une seringue Socorex de qualité médicale prélève les millilitres exacts directement dans le flacon.
Glissé dans son coffret doré à chaud et confié à DHL, tous droits déjà réglés. Comment naît un décant







































