




Adi Ale Van
Labels of Feelings
L'Histoire
La maison annonce pour celui-ci une maturation de deux mois et une macération de onze mois, soit plus d'un an de repos au total. Adi ale Van en a porté la vision, le récit et le travail artisanal en Roumanie ; le parfumeur sicilien Antonio Alessandria en a composé le jus, un extrait à vingt-cinq pour cent.


Fruité
Peau de pêche, pas zeste de citron
Pêche, poire, pomme, baies : c'est la douceur de la chair plutôt que de l'écorce, perlée de rosée et gorgée de nectar là où les agrumes sont vifs et ténus. Elle se montre jeune et un brin gourmande, ce genre de maturité que l'on sent presque couler le long du poignet.


Boisé
grain sec du bois fraîchement coupé
L'odeur des copeaux de cèdre, du santal et des racines sèches de vétiver, une chaleur poncée et résineuse au léger râpé de plumier. Ancré et posé, c'est l'épine dorsale tranquille qui rend un parfum sérieux et durable.


Fumé
Bois calciné et braises qui s'élèvent
L'odeur sèche et calcinée du bois qui brûle, de l'encens qui se consume et de la cendre qui s'attarde, tantôt goudronneuse, tantôt ténue et grise. Ténébreuse et chargée d'atmosphère, elle évoque un feu mourant et un courant d'air frais qui emporte son dernier souffle.

Fleurs blanches
Ces fleurs qu'on sent de l'autre bout du jardin
Le jasmin et la tubéreuse l'ont en commun : des pétales épais et crémeux, avec en dessous une douceur mûre, presque animale, celle de l'indole, qui empêche les grands floraux d'être jamais tout à fait sages. Vert sur les bords, fruit trop mûr au cœur, et plus puissant sur une peau chaude.

Ambre
Résine chauffée jusqu'à devenir sucrée
Labdanum, benjoin et vanille fondus ensemble en une matière sucrée mais sombre, comme une sève d'arbre amollie au soleil, traversée d'un fil de fumée d'encens. L'ambre ne scintille pas et n'élève pas la voix. Il reste près de la peau et diffuse sa chaleur pendant des heures.


Sucré
Un sucre chaud qu'on n'arrive pas tout à fait à nommer
Caramel, miel, sucre filé : une douceur qui flotte entre les trois sans jamais se poser sur l'un d'eux. C'est l'attrait gourmand, ce qui pousse à se pencher plus près qu'on ne le voulait, chaud, tendre, à deux doigts d'être comestible.

Fruit de la passion
Acidité tropicale et juteuse, bâtie sur des molécules soufrées
Ce que c'est
Surdosez les matières qui composent cette note et vous sentirez un chat, pas un fruit. Son piquant vient de molécules soufrées, principalement l'Oxane et deux thiols. Les versions entièrement naturelles empruntent la même pointe à la feuille de buchu et au bourgeon de cassis.
Son odeur
Juteux et acidulé, avec quelque chose de presque salé sous la douceur : l'odeur d'un fruit à peine trop mûr. La version de laboratoire éclate, vive et nette, et garde sa forme. Une version botanique est plus douce, plus mentholée, plus verte, et plus mouvante.
En parfumerie
Les floraux fruités et les compositions estivales tropicales l'emploient pour donner de l'éclat en tête et un effet appétissant sous les fleurs blanches. Les matières soufrées sont d'une puissance extrême et s'emploient à l'état de traces. Le buchu se manie de la même façon.
Bon à savoir
Il n'existe aucune huile de fruit de la passion : chaque version est donc une reconstruction, et aucune des deux voies n'est plus honnête que l'autre. Le buchu et le bourgeon de cassis entrent aussi dans des formules grand public, si bien que le mot inscrit sur l'étiquette ne vous apprend rien.
Absolue de bourgeons de cassis
Éclat vert et félin d'un bourgeon d'hiver
Ce que c'est
Non pas la baie, mais le bourgeon. On cueille les bourgeons sur les arbustes nus de l'hiver avant que les feuilles ne s'ouvrent, encore résineux et serrés, puis on les extrait au solvant pour obtenir une absolue vert sombre. La Bourgogne en est la source classique.
Son odeur
D'un vert farouche et acéré, rien à voir avec un sirop de cassis. On y trouve du fruit, acidulé et légèrement soufré, enveloppé de feuille et de brindille écrasées et d'une pointe animale que tout le monde appelle « pipi de chat ». Dilué, il devient lumineux, juteux, presque mentholé.
En parfumerie
Une note de tête d'une puissance énorme, dosée à l'état de traces : un éclair vert et fruité dans les floraux et les chypres, un élan électrique sous la rose. Le galbanum, la menthe, le pamplemousse et le vétiver gravitent autour. Qu'on la surdose, et le chat s'empare de la composition.
Bon à savoir
Cette facette féline vient du soufre, un thiol surnommé « cétone du chat », que votre nez perçoit à des concentrations infimes. C'est aussi lui qui donne son odeur au sauvignon blanc et au buis, et qui explique qu'une même note puisse paraître à la fois fraîche et sauvage.
Prune
Fruits sombres compotés, d'une douceur vineuse, jamais juteux
Ce que c'est
La pêche vient des lactones, la pomme des esters. La prune, elle, vient des damascones, miellées et vineuses, d'où son caractère sombre plutôt que juteux. Il n'existe pas d'huile de prune ; le davana et l'osmanthe renferment les mêmes molécules pour une construction botanique.
Son odeur
La version de laboratoire est confiturée, un peu confite, lumineuse et constante de la tête au fond. La version botanique est plus sombre : un fruit cuit longuement puis laissé à refroidir, dont la douceur se retire à mesure qu'une facette de fruit sec apparaît, sur le tard.
En parfumerie
La rose, le patchouli, les bois et l'ambre l'accueillent volontiers, et elle se glisse dans les gourmands comme dans les chypres sans sucrer ni les uns ni les autres. Là où la pêche allège une composition, la prune la leste. Plus velours que jus.
Bon à savoir
Une trace de damascénone suffit ; davantage, et elle prend le dessus sur la formule. Il en va de même pour le davana. L'osmanthe est l'un des rares naturels à sentir le fruit à noyau par lui-même, et une absolue de fleur, qui plus est.


Goudron de cade
Créosote, feu de camp noyé et vieux cuir
Ce que c'est
L'huile de cade ne se tire pas du bois à la vapeur : on l'en extrait par le feu. Les branches du genévrier épineux de Méditerranée sont chauffées à l'abri de l'air jusqu'à se décomposer en un goudron noir et épais. La parfumerie utilise l'huile rectifiée.
Son odeur
D'abord la fumée, et une fumée âpre : créosote, goudron chaud, feu de camp noyé, l'intérieur d'un fumoir. Dessous court quelque chose de phénolique et de médicinal, proche du savon au goudron et du vieux cuir. Aucune douceur, aucun fruit.
En parfumerie
La plupart des accords cuir et fumée convaincants en contiennent en sous-couche, aux côtés du goudron de bouleau, du styrax et du labdanum. Le cade s'emploie à l'état de traces, car il engloutit tout ce qui l'entoure. Ou alors il entraîne une ouverture lumineuse vers quelque chose de calciné.
Bon à savoir
Bien avant que la parfumerie ne s'y intéresse, ce goudron s'appliquait au pinceau sur le bétail et sur les affections de la peau humaine, d'où sa veine médicinale. Le cade brut n'est plus autorisé dans les cosmétiques européens : seule la qualité rectifiée l'est.


Muguet
La clochette blanche du printemps, reconstruite molécule par molécule
Ce que c'est
De minuscules clochettes blanches sur une vivace des sous-bois qui aime l'ombre, et l'une des grandes frustrations de la parfumerie : la fleur ne livre aucune huile exploitable. Pendant des décennies, le muguet a été construit de toutes pièces, sur l'hydroxycitronellal et le Lyral, plutôt que tiré de la plante.
Son odeur
Frais, vert et humide : pétales blancs, sève de tige écrasée, pluie. Jamais entêtant, il reste cristallin là où le jasmin s'épaissirait. Le fond devient doux et propre, légèrement savonneux, avec une dernière lueur verte et citronnée.
En parfumerie
En cœur, il agit comme une fenêtre qu'on ouvre : il soulève la rose, le jasmin et le lilas et apporte une étincelle verte aux bouquets aldéhydés. Les grands soliflores du milieu du XXe siècle se sont construits autour de cet accord, qui illumine encore la plupart des floraux printaniers.
Bon à savoir
Toutes les parties de la plante sont vénéneuses. Jamais alambic ni solvant n'avait tiré de parfum de ces clochettes, et il a fallu attendre 2021 pour un premier extrait commercial ; à ce moment-là, l'interdiction du Lyral avait déjà contraint les parfumeurs à le reconstruire.

Magnolia
Pétales crémeux et citronnés qui embaument un jardin du Sud
Ce que c'est
Plus ancien que les abeilles. Les fleurs de magnolia s'épanouissaient des dizaines de millions d'années avant l'apparition des abeilles, ce qui explique que leurs pétales soient assez robustes pour résister aux coléoptères qui les pollinisent. L'absolu est tiré des pétales frais.
Son odeur
Écorce de citron et crème, à mi-chemin entre l'agrume et la rose thé. Il s'ouvre pétillant, s'adoucit en pétale lacté, tige verte et légère chaleur de clou de girofle, puis sèche net et légèrement fruité. Plus aérien que le jasmin.
En parfumerie
Les parfumeurs y recourent en cœur lorsqu'une fleur blanche doit rester légère : perlé de rosée et lumineux, sans le poids indolique de la tubéreuse ou du gardénia. Il s'accorde volontiers aux agrumes, à la pivoine, au lys et aux muscs doux.
Bon à savoir
L'absolu est rare et coûteux à extraire, si bien que le magnolia de la plupart des flacons est construit à partir de molécules aromatiques plutôt que tiré des fleurs. Une bonne reconstitution est convaincante. Elle reste un portrait, pas une photographie.
Jasmin
La fleur blanche envoûtante au cœur battant de la parfumerie
Ce que c'est
La cueillette se fait à la main, dans l'obscurité, d'avant l'aube jusqu'au matin. Trop fragiles pour la distillation, les fleurs sont traitées au solvant, qui capte leur huile dans une concrète cireuse ; l'alcool en extrait ensuite l'absolue.
Son odeur
Sucré, lourd et miellé, avec quelque chose de vaguement animal en dessous. Le sambac se montre vert, lumineux, aux nuances de thé ; le grandiflorum est plus fruité, plus crémeux, plus lourd sur la peau. Tous deux évoluent vers un fond chaud et doux, avec un musc aux accents de champignon que l'on ne perçoit que de près.
En parfumerie
Placé au cœur, il relie une ouverture d'agrumes aux bois du fond, en donnant du volume aux deux. La rose, la tubéreuse, le bois de santal et le musc s'y marient tous volontiers. Bien des parfums reposent sur le jasmin, et sur lui seul.
Bon à savoir
Il faut environ cinq mille fleurs cueillies à la main pour un seul gramme d'absolue, l'une des matières les plus coûteuses de la parfumerie. Sa profondeur tient en partie à l'indole, qui sent la décomposition lorsqu'il est concentré et devient rayonnant à la dose infime que porte la fleur.
Safran
Filaments cramoisis respirant le cuir, le miel et le foin sec
Ce que c'est
Chaque fleur de crocus d'automne renferme trois filaments cramoisis, et une main les cueille un à un. Séchés, ces stigmates sont mis à infuser en teinture ou extraits en absolu. Voilà toute la chaîne d'approvisionnement.
Son odeur
D'abord le foin, le miel et le pain grillé encore chaud, puis, dessous, quelque chose de métallique et de cuiré, l'œuvre d'une molécule appelée safranal. Il s'assèche en suède, tabac et ambre poussiéreux, amer sur les bords.
En parfumerie
Il vit au cœur, d'une lueur rougeoyante, charnière entre l'épice et le cuir. Les parfumeurs l'ont si souvent marié à la rose que le duo est devenu un genre, et des accords cuir entiers se construisent sur lui seul.
Bon à savoir
Un kilogramme de safran coûte environ 150 000 fleurs cueillies à la main et de nombreuses journées de travail courbé, ce qui explique que presque rien n'en arrive jusqu'au parfum. La plupart des notes safran sont donc construites à partir de safranal de synthèse.

Cèdre
Copeaux de crayon secs et bois chauffé au soleil
Ce que c'est
Le cèdre de vos crayons et de vos placards est le plus souvent un genévrier. C'est le cas du cèdre de Virginie comme du cèdre du Texas ; seuls les cèdres de l'Atlas et de l'Himalaya sont de vrais Cedrus. L'huile est distillée à la vapeur à partir de copeaux de bois de cœur et de sciure de scierie.
Son odeur
Des crayons fraîchement taillés, et l'intérieur d'un coffre en cèdre. Le cèdre de Virginie penche vers la sécheresse du crayon et le balsamique ; celui de l'Atlas est plus doux, presque miellé. Tous deux portent une fumée nette, d'une fraîcheur légèrement camphrée, qui se pose en une chaleur de sève.
En parfumerie
Un pilier, du cœur jusqu'au fond : une structure sèche sur laquelle les autres matières peuvent s'appuyer. Il s'accorde avec le vétiver, la rose, les agrumes et l'encens, et c'est sa fumée que l'on retrouve dans le fond d'innombrables boisés ambrés modernes.
Bon à savoir
Le cèdre apparaît rarement seul. Ses molécules, retravaillées en laboratoire, forment l'ossature d'un très grand nombre de parfums boisés contemporains, ce qui explique pourquoi tant de boisés modernes sentent légèrement le crayon taillé.

Oliban
Larmes de résine cuites au soleil qui sentent la fumée sacrée
Ce que c'est
L'oliban et l'encens ne font qu'un : deux mots, dont l'un est plus ancien que l'autre. Les récoltants incisent l'écorce des Boswellia à Oman, au Yémen et en Somalie ; la sève laiteuse s'écoule et durcit au soleil en larmes ambrées.
Son odeur
Lumineux et sec, zeste de citron et pin sur une chaleur balsamique, traversé de poivre et d'un souffle frais camphré. Il s'adoucit peu à peu, devient ambré et immobile. Vieille pierre, poussière tiède, une église vide.
En parfumerie
Les parfumeurs y ont recours quand un mélange a besoin d'air : il donne aux compositions encensées et ambrées de l'élan et un rayonnement frais plutôt que du poids. La myrrhe, la rose, les agrumes et le labdanum s'installent volontiers à ses côtés.
Bon à savoir
L'encens était autrefois estimé à l'égal de l'or et remontait vers le nord par les routes caravanières d'Arabie, d'où sa place dans le récit de la Nativité. La saignée excessive, le surpâturage et les dégâts des coléoptères éclaircissent aujourd'hui les peuplements sauvages.

Labdanum
Résine ambrée collante grattée sur le ciste brûlé de soleil
Ce que c'est
L'été, un ciste méditerranéen exsude par ses feuilles une gomme sombre, assez collante pour vous souder les doigts. Pour la recueillir, les récolteurs font bouillir les branches ou les raclent, puis tirent de cette gomme brute une absolue et un résinoïde.
Son odeur
Une chaleur balsamique, puis du cuir, des fruits secs, du miel et une volute de fumée. L'ouverture évoque presque l'ambre gris. Des heures plus tard, il s'est fondu en un tabac brun et une peau patinée, et il tient toujours.
En parfumerie
Retirez le labdanum, et la plupart des accords ambre s'effondrent : c'est sur lui que l'on pose la vanille et le benjoin. Il fixe une formule, donne leur profondeur aux chypres et aux cuirs, et s'accorde avec la rose, la mousse de chêne et l'encens.
Bon à savoir
Avant la distillation, il y avait les chèvres. Tout l'été, les troupeaux broutaient dans les fourrés de cistes ; la gomme s'agglutinait dans leur barbe et sur leurs cuisses, et les bergers la recueillaient au peigne. Le labdanum est l'une des plus anciennes matières aromatiques encore utilisées.


Cuir
Peau tannée, fumée et chaleur animale
Ce que c'est
Il n'existe pas d'huile essentielle de cuir. Les parfumeurs en reconstruisent l'odeur à partir de goudron de bouleau et de cade, de bois fumés distillés, de résines de styrax et de labdanum, d'isobutyl quinoléine et de molécules de type safraléine, faisant écho aux tanins et huiles jadis utilisés pour tanner les peaux.
Son odeur
Fumé, sec et animal, du suède neuf et souple à la vieille selle poisseuse. Les versions au goudron de bouleau évoquent la suie et le phénolé, presque le feu de camp et le pansement ; les accords de suède plus doux virent au poudré, au floral et à la chaleur de peau.
En parfumerie
Une note de fond qui donne épine dorsale et une arête charnelle. Elle se révèle surtout sous la rose et la violette, aux côtés du tabac et de l'oud, et un cœur floral posé sur du cuir devient indéniablement humain.
Bon à savoir
Le genre est né en Russie, où les bottes et les reliures de livres étaient traitées au goudron de bouleau, et le cuir russe évoque encore cette odeur. Les véritables huiles de tannage ont été largement restreintes pour des raisons de sécurité, si bien que les cuirs d'aujourd'hui sont des reconstructions.


Fumée
Cendre refroidie et un feu de bois deux champs plus loin
Ce que c'est
Personne ne distille la fumée. Elle est assemblée : écorce de bouleau consumée en goudron, huile de cade, bois de gaïac, un peu de thé lapsang souchong, et des phénols comme le gaïacol que le nez classe sous la mention brûlé.
Son odeur
Braises refroidies et papier roussi. Elle penche vers le goudronné et le cuiré, ou résineux comme l'encens, ou douce comme un feu de camp. Âcre au premier abord, elle se consume ensuite en une chaleur sèche qui s'accroche comme la fumée à un manteau de laine.
En parfumerie
Les parfumeurs la travaillent en fond, où elle joue le rôle de l'ombre dans un tableau. Le cuir, l'oud, le vétiver, l'encens et les bois secs s'assombrissent tous et s'éloignent un peu dès qu'un soupçon de fumée se glisse derrière eux.
Bon à savoir
La matière la plus convaincante du lot, le goudron de bouleau, contient des cancérigènes dans ses qualités brutes, ce qui en limite strictement l'usage. Ce qui entre aujourd'hui dans un flacon est une version rectifiée et épurée, appuyée par des phénols de synthèse.


Accord ambre gris
Peau chaude et salée, recréée sans la baleine
Ce que c'est
Le véritable ambre gris se forme dans l'intestin du cachalot, et son commerce est restreint, voire illégal, dans plusieurs pays. On en reconstruit donc l'effet : l'ambroxan et ses proches, le plus souvent avec du labdanum, de l'ambrette et une arête minérale et salée.
Son odeur
Chaud, salé, semblable à une peau, plus proche d'une lueur que d'une odeur. Du bois flotté et du tabac le traversent, une douceur minérale, une chaleur animale qui ne vire jamais au fécal comme le fait l'ambre gris brut. Il diffuse plutôt qu'il ne projette.
En parfumerie
Une matière de fond qui apporte rayonnement et tenue, en ralentissant l'évaporation de tout ce qui, plus léger, se trouve au-dessus. Labdanum, encens, cuir, bois et muscs l'accueillent tous. C'est lui qui donne à tant d'ambrés modernes ce caractère salé qui respire.
Bon à savoir
L'Ambroxan, pilier de ces accords, n'a jamais approché une baleine. On l'obtient à partir du sclaréol extrait de la sauge sclarée, et c'est l'une des molécules qui se forment naturellement lorsque l'ambre gris se dégrade au soleil et dans l'eau de mer.

Muscs
Un seul mot pour deux matières entièrement différentes
Ce que c'est
Deux choses répondent à ce nom. Une famille de muscs de synthèse, conçus pour apporter chaleur et douceur, assure aujourd'hui l'essentiel du travail en parfumerie. Le musc de cerf est la voie la plus ancienne, et la tradition des attars repose encore sur lui.
Son odeur
De près, le musc de cerf est animal et lourd, puis devient chaud, sucré et rayonnant comme une peau dès qu'on le dilue jusqu'au murmure. Les muscs de synthèse sont plus propres : linge repassé à chaud, coton tiède, la peau plutôt que la fourrure.
En parfumerie
Le musc est le socle sur lequel repose une composition : il fixe ce qui se trouve au-dessus, prolonge la tenue et ajoute cet éclat de seconde peau. Un litchi ou une rose en cache souvent un en dessous, qui retient le fruit bien après le moment où il aurait dû s'effacer.
Bon à savoir
Un même flacon peut rayonner sur vous et ne sentir presque rien sur votre voisin. Un grand nombre de personnes ne perçoivent pas du tout certains muscs de synthèse, une particularité appelée anosmie spécifique.
Caractère Olfactif
Le fruit de la passion, la prune et le bourgeon de cassis ouvrent le parfum, juteux et lumineux, puis le goudron de genévrier y trace une ligne noire. Le muguet, le magnolia et le jasmin tiennent le cœur, le safran gardant les fleurs sèches plutôt que sucrées. Le cèdre, l'oliban, le labdanum et le cuir le referment dans la fumée, l'accord ambre gris et les muscs en adoucissant les contours.
À Porter
La fumée et le cuir s'expriment mieux dans l'air froid : portez-le les soirs d'automne et d'hiver plutôt que par temps chaud. Il convient aux occasions qui demandent une certaine tenue, un dîner, un concert, un long retour à pied, porté par qui préfère se laisser deviner plutôt que s'annoncer. La juste dose : une seule pulvérisation, avec retenue.
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L’Atmosphère
La Maison
Flacons peints à la main, souvenirs distillés. Le rituel et la fumée de l'enfance versés dans une sculpture qui se porte.
Adi Ale Van traite le parfum comme un petit fragment de folklore, puisant dans l'ancienne foi roumaine, le rituel et la mémoire pour les traduire en quelque chose qui se porte vraiment. Un instant, vous êtes dans la fumée des cierges et l'encens d'église, l'instant d'après dans une cuisine chaude pleine de vanille et de rhum.
- Origine
- Roumanie
- Réputée pour
- La fumée rituelle, les flacons peints à la main


CHAQUE DÉCANT
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